L’aventure à Whistler… c’est tous les jours et c’est parti!
Wiwi est un petit monde à part. À seulement 120 km au nord de Vancouver c’est déjà la grande nature. On est au milieu de l’habitat du coyote, du raton laveur, du lynx et biensur de l’ours.
Mais whistler est aussi l’habitat du riche nord américain qui veut se détendre dans un décors « magique », je trouve que c’est un bon terme pour qualifier Whistler.
La route pour aller à Whistler, je la connais bien, mais je l'aime bien aussi. Elle part de Vancouver, traverse Vancouver Nord et ses quartiers résidentiels à flan de montagne, on dirai de grands escaliers blancs. La vue à la nuit tombante sur les lumières du centre ville et le Pacifique est super apaisante, je me délasse, j'enlève mes chaussures dans le bus, ça sent un peu les pieds mouillés...
Puis on sort doucement de la ville pour longer la baie turquoise de Squamish, qui est une ville mythique, les grimpeurs du monde entier vous le confirmeront (vous en connaissez pas ??).
La falaise, the Chief, c'est elle la star l'été à Squamish, elle est fréquemment survolée d’aigles à tête blanche, il y a du vent, les sapins commencent à devenir "sérieux", le centre ville est désert et les habitants locaux vraiment très louches. Pas de doute, on rentre dans le vif du sujet, le Nord Canadien.
C’est pas très beau architecturalement parlant (pas facile à dire!) et on peut se demander : la Capitale du Far West, ça ne serait pas Squamish ?!
"Franchement"(à dire avec l’accent marseillais) je’n’imagine pas encore l’Alaska…
Nous revenons ensuite à nos mouton sur l’autoroute car on est encore à mi-chemin.
A mi chemin entre pick-up et monstres lunaires, bref.
Après Squamish, on passe à travers la montagne, elle n’est pas forcément très haute, mais elle s’étend à perte de vue et c’est assez sauvage. Pas de villes, pas de stations, pas grand-chose à part du vert, du gris… et du blanc. On passe une heure dans le bus Greyhound en écoutant de la musique et en rêvassant et l’on arrive enfin à Magic Land, Whistler.
Après le Far West, le Chic West. Les maisons sont aux proportions, on va dire "Canadiennes", les jeunes sont fluos et maman pourrait dire qu’ils ont fait caca dans leurs pantalons. Mais nonnnnnn Mam c’est des pantalons slim baguis fluos blingblingggg.
Les vieux eux sont moumoutés.
A Whistler, l’été les bosses énormes naissent sur les pistes de VTT, c’est magique et on trouve ça nulle part ailleurs, le paradis du vttiste. L'hiver est sensé apporter des tonnes de neige (normalement plus de 10m de cumul par an, mais la on en est quand même très loin, on m’aurait menti ou c'est vraiment de la magie ?!)
Whistler est donc avant tout une station de ski chic au milieu du Canada, du vrai !
Tout fraîchement débarqué à Whistler, le petit animal que je suis commence par loger en auberge de jeunesse et a pour premier instinct de trouver une vraie tanière et un boulot pour gagner d’la tuuuuune.
Tout d’abord aubergé dans un coin près des limaces et des cacas d’ours, je dois parcourir une piste cyclable durant une heure avec mes petits pieds pour arriver au centre ville de Whistler. J’ai bien marché…
Durant mon trajet, je contourne le lac, les chalets mague-nifique et le golf.
Sur le trajet il m’arrive aussi de retrouver Raph, c’est un collègue de l'université de Chambery. Il est venu lui aussi tenté l'aventure canadienne. Il est là depuis quelques semaines et il a un travail pour les parcs naturels du coin. Il me raconte un peu trop d’histoires sur les ours qui mangent des petits enfants, je déconne c’est pas vrai mais il m’en raconte suffisamment (il en croise souvent dans ses parcs) pour que j’ai quand même un peu peur quand je rentre de nuit sur la piste à la frontale.
Raph me met aussi tout de suite au courant de la situation immobilière et financière à Whistler, attention au choc, je vous la fais en équations simplifiées :
Whistler = chic = grosses baraques = peu de logements cheap.
Whistler = JO 2010 = gros travaux partout = logements cheap pris par les travailleurs du gros bordel.
Whistler = business = places qui restes à un prix exorbitant.
Whistler = t'es jeune, t'as pas d'argent, tu bosses, tu te fais sucer la moelle, c’est ton problème et comme ça tu peux un peu profiter et loisirer plus que tu n’en as besoin.
En gras, voila Whistler.
J’aime le challenge, j’ai pas froid aux yeux, je suis un fou, c’est parti je me lance.
Pour trouver un lit à Whistler, c’est un peu comme à Paris, mais en plus cher qu’à Londres. Les annonces ne se retrouvent que dans les journaux locaux, avec le fameux "Pique", le plus connu de tous, aujourd'hui quand on le croise on en fait des confettis.
On voit donc de tout et surtout n'importe quoi dans les annonces des particuliers, par exemple des chambres à partager pour 1000$ par mois, des collocations à 12, des baignoires à louer, tout est véridique, des locations interdites aux Français, des locations qui recherchent seulement des jeunes filles chinoises…
et partout des références des anciens propriétaires sont demandés, ainsi que les coordonnées de son employeur, les mois sont souvent à payer d’avance, je passe un bon bout de temps en auberge…
Pour le boulot ça a l'air d'être plus simple. Les jeunes trouvent difficilement des places où dormir, ils abandonnent et repartent vers Vancouver où ailleurs et les employeurs cherchent du monde, mais ils ne peuvent pas loger. Les hôtels passent des annonces dans le journal pour trouver des chambres, la station de ski passe des annonces pour trouver des chambres, les JO cherchent des chambres, on marche sur la tête et se mord la queue, à Whistler parfois, ça craint du boudin. (pour les JO ils veulent faire amarrer un paquebeau dans la baie de Squamish pour loger les journalistes sportifs...)
Les contreparties, il y en a heureusement, sont une nature hallucinante, beaucoup de jeunes de tous pays et donc une très bonne ambiance dans le village. Je rencontre facilement quelques Français et l’on essaye de se refiler des ptis tuyaux pour les logements, mais les tuyaux sont percés…
Après "a couple of days" j’arrive quand même à me faire héberger sur le canapé de 2 des frenchies (de Pau) qui ont trouvé un appart pour un mois grâce à une vieille connaissance. La location se finit le 15 novembre et il va falloir trouver un toit fissa fissa.
J’ai souvent pensé à une tente 2 secondes, mais il pleut trop et les coutures ne seraient pas assez étanches !-) la pluie tombe quand même depuis 2 semaines non stop et c'est bien normal.
D’autres fenchies (de Marseille) sont eux toujours en auberge et commencent à compter leurs pièces. On s’entraide et on se réchauffe, on est maintenant 6 mecs dans un 2 pièces…
Les journées passent et se ressemblent : épluchage des petites annonces, cuisson des mails de réponses à la Whistlérienne, soit léchage de … mettez le mot que vous voulez, dressage des coups de fils aux loueurs et après "a re-couple of days", l’addition qui tombe : "sorry that’s rented", au revoir et à la prochaine…
les ptites photos qui vont bien:
une auberge
vue du salon de l'auberge
Vue sur Whistler toujours depuis l'auberge
les petites maisons
mon cabanon au Canada
tout est plus grand...
Whistler, eul dream américain
un télésiège = une gondole
c'est le derrière de Raph